Fleury-Mérogis : une crèche au cœur de la prison

C'est une première en France : une crèche a ouvert au sein de l'aile féminine de la prison de Fleury-Mérogis, dans l'Essonne. Elle permettra aux femmes détenues de souffler, et à leurs enfants d'entamer leur socialisation.
Une crèche à la prison de Fleury-Mérogis
Une crèche à la prison de Fleury-Mérogis

Comme une véritable crèche traditionnelle : le nouvel établissement de Fleury-Mérogis est ouvert de 7h30 à 17h du lundi au vendredi. Les mères devront remplir un contrat indiquant le nombre d'heures qu'elles souhaitent confier leur enfant, et la prestation leur cotera une dizaine d'euros par mois.

Ouverte grâce à un partenariat entre la mairie de la commune de Fleury-Mérogis, le département de l'Essonne et la Caf, la crèche répond à un véritable besoin. En effet, les femmes enceintes incarcérées élèvent leur enfant dans les murs de la prison jusqu'à leurs 18 mois, âge auquel il est extrait de l'univers carcéral. Mais elles doivent durant ces quelques mois s'en occuper intégralement, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24.

Une initiative profitable pour tous

Une situation qui peut générer de nombreux problèmes : souvent très jeunes, les mères développent des liens d'attachement fusionnels avec leur bébé, rendant la séparation d'autant plus difficile. Et, par ailleurs, la charge des soins les empêche de participer à des activités, de travailler, de suivre une formation ou tout simplement de se reposer ; à la clé, isolement et, parfois, états dépressifs dont les enfants sont aussi les victimes par ricochet.

Du reste, du côté des tout-petits, le bilan n'est guère meilleur : ils sont certes au contact étroit de leur mère durant leurs premiers mois de vie, mais manquent cruellement de contact avec leurs pairs. Les activités d'éveil sont elles aussi très limitées, mettant en péril leur bon développement psychique.

En ayant la possibilité de confier leur bébé quelques heures par jour, les mères y gagnent et les enfants aussi. Le principe d'une crèche au fonctionnement classique et payante serait par ailleurs bénéfique pour la responsabilisation et la réinsertion future des détenues. Enfin, laisser leur enfant à la crèche, sus la responsabilité d'autres personnes, permettrait aussi de se préparer à la séparation des 18 mois.

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