Coronavirus : femmes enceintes et mesures "barrières"

À ce stade de la pandémie, rien ne prouve que le virus (COVID-19) ne soit dommageable pour les femmes enceinte. Les données existantes quant à la dangerosité du COVID-19 sur les femmes enceinte sont plutôt rassurantes.
Les femmes enceintes face au coronavirus
Les femmes enceintes face au coronavirus

Les femmes enceintes sont-elles plus vulnérables que le reste de la population ? Quels sont les risques de contamination ? Comment se protéger ? Le Haut conseil de la Santé publique leur recommandait et ce, bien avant l'allocution Présidentielle de ce lundi 16/03/2020, d'appliquer les mesures barrières à partir du troisième trimestre de grossesse.

Appliquer de telles précautions se justifie par la pauvreté des connaissance scientifiques sur les complications liées à cette nouvelle forme de coronavirus, mais également, sur le précédent du SRAS (Syndrome Respiratoire Aigu Sévère) se rapprochant très fortement de SARS-CoV-2, qui s'était montré dangereux pour les femmes enceintes et leurs fœtus. À ce stade de la pandémie, rien ne prouve que ce COVID-19 ne partage pas les mêmes caractéristiques. À ce sujet, les seules données disponibles se veulent plutôt rassurantes.

Ainsi, une étude a pu être menée en retraçant le parcours de neuf femmes enceintes hospitalisées en janvier dernier à Wuhan (capitale de la province de Hubei, en Chine centrale). Le compte-rendu de cette étude fait état d'aucune forme sévère de maladie, et d'aucun décès chez les mères et leurs enfants. 

Le Professeur Philippe Deruelle, exerçant la gynécologie et l'obstétrique en France, souligne que « Contrairement à la grippe et à d'autres infections respiratoires, qui sont responsables de formes plus sévères chez les femmes enceintes, le coronavirus donne lieu à des signes cliniques identiques à ceux rapportés par des patientes adultes non enceintes ».

À CE JOUR, LE CORPS MÉDICAL N'A AUCUNE PREUVE QUANT À LA CONTAMINATION INTRA-UTÉRINE

Les patientes ayant donné naissance, ont toutes procédé par césarienne, et ce, conformément aux pratiques chinoises. Toutes ces femmes ont accouché avant le terme, mais au-delà de 36 semaines de grossesse.   

Ce résultat ne surprend pas l'obstétricien puisque : « Comme pour toute pathologie survenant au dernier trimestre de la grossesse, certains symptômes - notamment la fièvre et la toux - ne peuvent provoquer un déclenchement prématuré de l'accouchement ».

L'étude fut publiée dans la revue The Lancet et le point rassurant de cette dernière : il n'y a aucune preuve de transmission intra-utérine chez les femmes souffrant de COVID-19 en fin de grossesse. Des tests ont été effectués sur six des neufs femmes enceintes portant sur : le liquide amniotique, le cordon ombilical, les nouveau-nés et les échantillons de lait maternel et aucune d'entre elles ont révélé de trace de SARS-CoV-2. Cela étant dit, les effets sur la santé du bébé sont encore très largement méconnus.

C'est dans ce contexte plus qu'incertain que le Conseil national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a publié le 9 mars des recommandations pour la prise en charge des femmes enceintes.

Il est important de savoir qu'en France, l'accouchement par voie basse n'est pas contre-indiqué à l'issue d'un diagnostic de COVID-19. « L'isolement de la patiente en salle de travail et une protection très stricte des obstétriciens et sages-femmes est prévue, car le contexte d'une naissance est particulièrement contaminant » relate le Professeur Philippe Deruelle, également secrétaire de la société savante.

AUCUNE DONNÉE AVANT LE TROISIÈME TRIMESTRE DE GROSSESSE


La séparation de la mère et de l'enfant n'est pas recommandée après la naissance, c'est notamment le cas en Chine et aux États-Unis. Il n'y a encore aucune contre-indication concernant l'allaitement. « Nous considérons que les risques pour le nouveau-né sont très faibles pour recommander systématiquement une séparation mère-bébé, qui peut nuire aux liens d'attachement et à l'alimentation du nouveau-né », met en lumière le Professeur Pierre Kuhn, chef du service néonatalogie du CHRU de Strasbourg, qui privilégie le dialogue et l'information avec les parents.

En revanche, si une infection au COVID-19 est avérée ou ne serait-ce que suspectée, le port d'un masque de protection par la mère et un lavage des mains avant de toucher le bébé sont obligatoires et systématiques afin de limiter le risque de transmission.

Toutefois, deux cas de contamination ont été rapportés chez les bébés des neuf femmes de l'étude chinoise. Il est important de savoir que, chez le nourrisson, la maladie est très rare, et de forme modérée.

Pour l'heure, il n'existe aucune donnée sur les conséquences d'une infection de la mère avant le troisième trimestre de grossesse. Il est primordial que les femmes enceintes se protègent en appliquant autant que possible les mesures dites « barrières ».

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