Violences gynécologiques : un rapport accablant

Les violences gynécologiques et obstétricales ne sont pas « des faits isolés et appelle une prise de conscience et une action publique ambitieuse pour les combattre ». Le Haut conseil à l'Égalité (HCE) vient de rendre son rapport à Marlène Schiappa. Et il est accablant.
Violences gynécologiques et obstréticales
Violences gynécologiques et obstréticales

Le rapport s'appelle « les actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical ». Pendant longtemps, les violences faites aux femmes pendant leur grossesse et leurs rendez-vous gynécologiques ont été ignorées.

Quand on sait qu'une femme consulte une cinquantaine de fois entre 15 ans et 45 ans, la possibilité d'être confrontée à ce genre de violences est très importante. 

Trop d'épisiotomies

20% (1 accouchement sur 5) des femmes subissent une épisiotomie durant leur accouchement. Or selon l'OMS (l'Organisation Mondiale de la Santé), cette incision ne se justifierait que pour 10% des cas. 

Le Haut Conseil à l'Égalité recommande donc, logiquement, que le nombre d'épisiotomie soit réduit en France, et que lorsqu'il est pratiqué, une meilleure information soit donnée aux femmes, leur expliquant très clairement l'objectif de cet acte chirurgical et ses conséquences potentielles. 

Si les épisiotomies sont trop fréquentes en France, la disparité régionale inquiète également. Le rapport indique que « la limitation du nombre d'épisiotomies semble appliquée de manière très variable suivant les régions ». Si 8,8% des accouchements donnent lieu à une épisiotomie en Bourgogne-Franche-Comté, ce chiffre monte à 17,1% en Bretagne par exemple, et jusqu'à 28,2% à Paris. 

Pourtant, le rapport précise même que dans les régions où celle-ci est moins pratiquée, le fait de ne pas faire d'épisiotomie « ne s'accompagne pas d'une augmentation de la fréquence des lésions périnéales sévères ». 

Les femmes victimes d'actes sexistes 

Le HCE pointe du doigt les actes sexistes dont sont victimes les femmes. Le HCE s'est basé sur les témoignages nombreux relayés sur les réseaux sociaux, les blogs, les associations, etc.  Les auteurs de l'étude les classent en 6 catégories : 

  • « Non prise en charge de la gêne de la patiente, liée au caractère intime de la consultation
  • Propos porteurs de jugements sur la sexualité, la tenue, le poids qui renvoient à des injonctions sexistes ;
  • Injures sexistes
  • Actes (intervention médicale, prescription, etc.) exercées sans recueillir le consentement et sans respecter le choix ou la parole de la patiente
  • Actes ou refus d'acte non justifiés médicalement
  • Violences sexuelles : harcèlement, agression sexuelle et viol »

Le HCE recommande de mieux former les professionnels de santé, d'informer les patientes sur leurs droits et de systématiser la transmission des plaintes à la justice. 

Et du côté des femmes ? 6% d'entre elles se déclarent non satisfaites du suivi de leur grossesse. Ça fat tout de même 50 000 femmes. 

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