Un bateau pour avorter

Publié le 30-11-2017 à 11:49 | Mis à jour le 21-12-2017 à 17:47 | Auteur : Pauline JACOB
The Economist a publié une vidéo (en anglais) de Rebecca Gomperts, une femme médecin luttant pour le droit des femmes à l'avortement dans les pays où l'avortement est interdit ou extrêmement limité. Elle utilise un bateau navigant dans les eaux internationales pour aider les femmes à avorter. Portrait.
Un bateau pour avorter
Un bateau pour avorter
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Rebbecca Gomperts raconte : « l'avortement n'est pas une pratique rare, c'est une pratique médicale commune, et l'avortement se pratique, peu importe que ce soit légal ou illégal ». 

Dans le monde, 25% des grossesses ne sont pas menées à terme, par choix de la femme. Et 26 millions d'avortements, soit la moitié des avortements dans le monde, mettent en danger la vie des femmes, parce qu'ils ne sont pas pratiqués dans un environnement sûr. 

L'avortement dans le monde

Plusieurs pays comme le Suriname, la Mauritanie ou le Nicaragua interdisent aujourd'hui totalement l'avortement. Dans beaucoup d'autres, comme le Mexique ou l'Irlande du nord par exemple, l'avortement n'est possible qu'en cas de danger pour la vie de la mère. 

Rebecca Gomperts poursuit : « je considère qu'il y a deux sortes d'avortements : le premier est un acte médical, traité en temps qu'urgence médicale, le second est un droit humain ». Selon elle, le droit à l'avortement, et le droit des femmes en général sont des indicateurs de la santé démocratique d'un pays. 

Un bateau pour aider les femmes à avorter

Militant pour le droit à l'avortement le docteur Gomperts a fondé en 1999 aux Pays-Bas, l'organisation « Women on waves ». L'organisation a investit dans un bateau qui navigue dans les eaux internationales. Dans ces eaux internationales, le droit qui s'applique est celui du pays dans lequel le bateau a été enregistré.

Ce bateau est une unité gynécologique mobile, qui permet aux femmes d'accéder à des méthodes contraceptives et à un avortement médicamenteux jusqu'à 7 semaines de grossesse, dans les pays où l'avortement est interdit ou extrêmement limité. L'organisation considère que le droit des femmes à être maître de leur corps et à décider de leur grossesse, est supérieur au droit du fœtus. 

Interdire l'avortement ne sert à rien

Selon l'OMS, interdire l'avortement ne réduit pas le nombres d'avortements. En revanche, il augmente le nombre d'avortement clandestins et donc dangereux. 

Quand ce n'est pas légal, les femmes risquent leur vie pour avorter, en utilisant des méthodes dangereuses : elles boivent de l'eau de Javel, utilisent des aiguilles à tricoter ou d'autres méthodes invasives. 1 femme sur 400 qui utilisent ces méthodes meurent.

Des drones délivrant des pilules abortives

Women on waves va plus loin. En 2015, l'organisation a lancé une opération pour délivrer, par drones, des pilules abortives dans plusieurs pays comme la Pologne ou l'Irlande du nord qui n'autorisent l'avortement que dans des cas extrêmement limités. 

Cette opération a déclenché la colère des autorités locales qui ont accusé le docteur Gomperts d'imposer son point de vue et sa culture aux femmes. 

Dans ces pays, les femmes risquent la prison pour avoir avorté, même en cas de viol ou d'inceste...


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