« Bébé médicament » : pour mieux comprendre

Bébé de l'espoir, loi de bioéthique, génétique...L'annonce, début février, de la naissance du premier « bébé médicament » de France a suscité de nombreux commentaires et polémiques. Mais de quoi parle-t-on exactement ?
« Bébé médicament » : pour mieux comprendre
« Bébé médicament » : pour mieux comprendre

Pourquoi parle-t-on de « bébé médicament » ?

Un « bébé médicament » est un enfant conçu de façon à pouvoir soigner son ou ses aînés d'une maladie grave. Ce bébé sain, non porteur de la maladie qui affecte la fratrie, leur permettra de guérir grâce, par exemple, aux cellules souches contenues dans le sang de son cordon ombilical et prélevées à la naissance.

Comment conçoit-on un « bébé médicament » ?

Un « bébé médicament » peut voir le jour grâce à l'action conjointe de deux techniques de pointe : la FIV (fécondation in vitro) et le diagnostic préimplantatoire (DPI). Autrement dit, impossible de concevoir « naturellement » un tel enfant !

Le protocole de FIV permet d'obtenir plusieurs embryons issus du couple parental. Ces embryons sont ensuite soumis à un double DPI : les médecins recherchent, tout d'abord, celui qui ne sera pas touché par la maladie (c'est-à-dire dont les gènes sont indemnes). Il faut également que l'embryon possède toutes les caractéristiques de compatibilité lui permettant de « donner » à son aîné un tissu lui permettant de guérir sans risque de rejet. Cela peut nécessiter plusieurs FIV !

Une fois l'embryon sain repéré, il est réimplanté dans l'utérus de la mère et la grossesse peut suivre son cours.

Que se passe-t-il après la naissance ?

Le sang du cordon du bébé est prélevé. Il contient de précieuses cellules souches qui, une fois greffées au frère ou la sœur malade, lui permettront de guérir. Le prélèvement du sang placentaire est indolore et simple. Quant à la greffe, la technique est maintenant très maîtrisée !

Pourquoi avoir recours à un « bébé médicament » ?

Cette pratique est très encadrée par l'Agence de Biomédecine qui a édicté des critères très précis : l'enfant malade doit souffrir d'une pathologie incurable et mortelle à brève échéance, aucun donneur compatible ne doit avoir été trouvé dans les banques de sang placentaire, et, enfin, la nature du don réalisé grâce au « bébé médicament » ne doit pas mettre en péril l'intégrité physique de ce dernier.

Que dit la loi ?

La loi de bioéthique autorise depuis 2006 cette pratique, sous réserve que les parents aient reçu le feu vert de l'Agence de Biomédecine pour le double diagnostic préimplantatoire. Le « bébé médicament » est donc tout à fait légal !

Ailleurs dans le monde

D'autres « bébés médicaments » sont nés de part le monde depuis une dizaine d'année, époque à laquelle les Etats-Unis ont joués le rôle de précurseurs. D'autres naissances ont eu lieu en Europe : en Belgique en 2005, en Espagne en 2008... A chaque fois, la naissance du bébé a permis la guérison d'un membre de la fratrie touché par une maladie affectant le sang et/ou le système immunitaire grâce aux cellules souches placentaires.

Quid du premier « bébé médicament » français ?

Umut-Talha (« notre espoir » en turc) est né le 26 janvier dernier à la maternité de l'hôpital Antoine Béclère dans les Hauts de Seine, un établissement familier des « grandes premières » (du premier « bébé éprouvette » aux dernières avancées en matière de procréation médicalement assistée) ! Il est en parfaite santé, et grâce à ses cellules souches, va pouvoir aider l'un de ses frères à guérir d'une bêta-thalassémie, grave maladie génétique affectant le transport de l'oxygène dans le sang. La bêta-thalassémie est incurable et oblige les malades à subir des transfusions sanguines régulières pour rester en vie.

Publié le 12-12-2012 à 12:05 | Mis à jour le 18-05-2018 à 20:59 | Rédacteur :
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