Sages-femmes : une profession en danger ?

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La récente adoption de la loi autorisant les sages-femmes à pratiquer l’IVG médicamenteuse suscite l’émoi dans le monde de la santé. Certains professionnels n’hésitent pas à affirmer que cette disposition constitue un danger pour leur métier. Le collectif "Sages-femmes de demain" vient de faire connaitre son opposition à cette mesure via le quotidien Le Figaro.

Une totale contradiction

C’est Olivia Déchelette, porte-parole du collectif "Sages-femmes de demain", qui se charge d’exprimer le sentiment des milliers de sages-femmes regroupées dans cette organisation. D’emblée, elle estime que cette disposition entre en totale contradiction avec l’essence même du métier de sage-femme. Si celle-ci doit pratiquer l’IVG médicamenteuse, cet acte va mettre à l’épreuve la confiance que les femmes ont placée dans ces professionnelles de la santé. Pour Olivia Déchelette, les sages-femmes tiennent une position prépondérante dans le système de soins, car elles sont les spécialistes de la femme et de la grossesse.

Surcharge de travail

Les sages-femmes déplorent déjà une importante surcharge de travail, avec un nombre de 820 000 naissances en 2014. D’ailleurs, elles sont ravies que leurs compétences soient élargies en matière de vaccination, ce qui cadre parfaitement avec la philosophie de leur profession. Elles estiment en outre que cela contribue à revaloriser leur métier. Ce qui n’est pas le cas de l’IVG médicamenteuse qui, d’après elles, n’est pas le cœur de leur profession. Elles soulignent que l’article L2212-8 du code de la santé publique stipule clairement que les auxiliaires médicaux, les infirmiers et les sages-femmes ne doivent pas participer à une interruption de grossesse.

Liberté de conscience

Une autre demande du collectif "Sages-femmes de demain" concerne le renforcement de leur droit à exercer la clause de conscience. Les sages-femmes, et notamment les étudiantes, ne doivent plus refuser la réalisation de tout acte médical qui irait à l’encontre de leurs convictions personnelles, éthiques ou professionnelles par peur de perdre leur place. Concrètement, une sage-femme peut refuser de pratiquer une interruption volontaire de grossesse tant qu’elle s’assure qu’un autre professionnel pourra répondre à la demande de la patiente et que son état ne nécessite pas d’intervention en urgence. Mais certains établissements précisent dès l’embauche qu’elles ne pourront pas exercer leur clause de conscience.

Publié le 22-04-2015 à 14:27 | Mis à jour le 18-05-2018 à 20:59 | Rédacteur :
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