La dépression post-partum, côté papa

Oui, les jeunes pères peuvent mal vivre l'arrivée de leur enfant, et l'on ne parle pas ici d'un petit baby-blues lié à la fatigue et aux premières nuits sans sommeil, mais d'une véritable dépression ! Plus connue chez les jeunes mamans, la dépression post-natale des pères est une réalité.
La dépression post-partum, côté papa
La dépression post-partum, côté papa

10% des pères concernés

Selon une étude américaine, dont les résultats sont parus en 2006 dans la prestigieuse revue Pediatrics, jusqu'à 10% des jeunes papas souffriraient d'épisodes dépressifs cliniquement diagnostiqués après la naissance de leur enfant (14% des mères). Un chiffre qui interroge, car si on sait plus ou moins décrypter les mécanismes de la dépression post-partum chez les femmes (facteurs hormonaux, sociaux, présence d'un terrain favorable ou d'antécédents de maladie psychiatrique...), jamais on ne s'était penché sur la santé mentale des hommes à ce moment crucial de leur vie. Et aujourd'hui encore, cela reste tabou car la dépression post-partum est toujours associée à la mère...

Reconnaître les symptômes

Votre bébé est né ! Vous êtes tous deux fatigués par les nuits hachées et vos nouvelles responsabilités. Vous débutez dans le « métier » de parents et ce n'est pas facile ! Même s'il a posé son congé de paternité, votre conjoint doit rapidement renouer avec le boulot et ses contraintes. Bref, votre vie a profondément changé.

L'apparition de signes faisant penser à une dépression post-natale peut arriver assez tardivement chez le papa, entre 3 et 6 mois après la naissance de l'enfant. Irritabilité, perte de patience voire agressivité soudaine sont un premier signe. Votre compagnon se renferme sur lui-même, s'isole, fuit la maison au moindre prétexte, même le plus futile. Si vous provoquez la discussion, il vous avoue se sentir fortement angoissé ou taraudé par des peurs irraisonnées envers le bébé : peur de lui faire du mal, de ne pas être « le père qu'il lui faut »... ; tous ces symptômes évoquent une dépression. Attention : bien souvent, les hommes sont moins enclins à se confier, la situation peut ainsi durer longtemps. C'est alors à vous soit de l'inciter à vous dire ce qu'il a sur le cœur, soit de prendre consil auprès d'un professionnel de santé.

Les causes de la dépression paternelle

Vous avez porté votre bébé pendant 9 mois : un lien charnel qui a rendu cet enfant très concret, très rapidement pour vous. Votre conjoint n'a été que spectateur de ce processus, même s'il s'est impliqué à fond avec vous durant votre grossesse. Du coup, l'arrivée de bébé fait littéralement effraction dans sa vie : c'est un bouleversement à tous les niveaux, émotionnel, affectif, familial, matériel...

Devenir père est un événement auquel on n'est jamais suffisamment préparé ; mais pour certains, la grossesse et l'attente d'un enfant revêtent un caractère si mystérieux et abstrait qu'elles en deviennent angoissantes. Ils préfèrent alors ne rien voir, ne rien savoir, et « effacer » symboliquement ce bouleversement à venir, tant que c'est encore possible ! Cela peut être le cas de pères qui refusent carrément d'être présents lors des échographies (ou qui « oublient », sont en retard et loupent le rendez-vous...), prêtent peu d'intérêt au développement de la grossesse, aux préparatifs (chambre, choix du prénom), ne veulent pas assister à l'accouchement... Certains « retombent en adolescence » durant votre grossesse, redécouvrant les sorties entre copains jusque tard le soir ou les journées « console de jeux ». Tous ces comportements masquent plus ou moins bien une immense angoisse qui se concrétise une fois bébé né et installé dans votre vie.

Que faire ?

  • Vous occuper de vous ! Car l'étude américaine de 2006 mettait aussi en lumière le fait que si la maman montrait, elle aussi, des signes de dépression post-partum, la situation pouvait empirer côté papa. Veillez donc à votre propre bien-être et consultez au moindre doute. Mieux vaut avoir l'impression de solliciter les médecins « pour rien » mais être sûre que tout va bien !
  • Si votre conjoint ne se confie pas à vous mais que vous suspectez un état dépressif, prenez conseil après d'un médecin ou d'un psychologue et tentez de l'orienter, dans un premier temps, vers des groupes Facebook ou des forums e discussion spécialisés. Vous ouvez également vous tourner vers son propre père qui pourra au besoin aborder avec lui les soucis liés à l'arrivée d'un enfant.
  • Si votre conjoint parvient à mettre des mots sur ses angoisses, il est important qu'il ne se sente pas exclu dans sa propre famille : encouragez-le à prendre des responsabilités avec son enfant (bain, biberon, change...), sans le forcer. Parlez également ensemble de votre organisation familiale : il est important, s'il est fragile, que toute sa vie ne soit pas complètement bouleversée. Il doit pouvoir garder des habitudes « d'avant » : la soirée poker du samedi ou les sorties à la salle de sports peuvent servir de sas de décompression bienvenus, ne les empêchez pas.

La dépression post-natale paternelle est une réalité qui ne doit plus être un tabou. Être submergé par ses émotions et son nouveau rôle de papa n'a rien de honteux : c'est une réaction humaine que certains ressentent plus fort que d'autres. N'hésitez pas à en parler !

Publié le 15-08-2017 à 00:00 | Mis à jour le 18-05-2018 à 22:59 | Rédacteur :
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