Gros plan sur : le notch utérin

Lors d'une échographie, on vous a détecté un notch, ou incisure protodiastolique. Et bien entendu, vous n'aviez jamais entendu parlé de ce curieux animal ! Malgré son nom qui inquiète et son fonctionnement un peu compliqué, ce souci qui affecte les artères utérines n'est pas toujours bien grave.
Notch utérien : tout comprendre
Notch utérien : tout comprendre

UN NOTCH utérin, C'EST QUOI ?

C'est souvent lors de la seconde échographie, dite morphologique, qu'un notch est détecté. Il s'agit d'une anomalie au niveau d'une ou des deux artères qui irriguent votre utérus. Durant la grossesse, ce sont aussi elles qui contribuent à la bonne croissance de votre bébé en alimentant le placenta avec les nutriments contenus dans votre sang.

Le notch, qui peut être unilatéral (d'un seul côté) ou bilatéral (affectant les deux artères) est particulièrement détectable au doppler : le débit des artères est alors visible sous forme de courbes. Leur forme est caractéristique : un pic, correspondant à la systole (quand le cœur se contracte pour envoyer le sang dans les artères), suivi d'un « plat », une zone horizontale qui précède le pic suivant, la diastole.

L'« incisure protodiastolique » est matérialisée par un petit creux sur la diastole, juste avant la systole suivante. Elle correspond à une baisse brutale du débit sanguin. Autrement dit, le sang éprouve des difficultés à irriguer normalement le placenta.

Jusqu'à environ 24 à 26 semaines d'aménorrhée, un notch est considéré comme normal, dans la mesure où les artères utérines sont encore élastiques. Mais au-delà de 26 semaines la résistance des artères doit augmenter et le notch disparaître. Si ce n'est pas le cas, il devient pathologique.

Il existe différents degrés de gravité : certains notch peuvent être très légers. Quand il est unilatéral, c'est parfois lié à la position du placenta : très à droite ou très à gauche, elle entraîne un déséquilibre de pression sanguine. Au global, si votre bébé affiche déjà une taille et un poids conformes à son terme, voire un peu supérieurs, vous n'avez pas trop de souci à vous faire. En revanche, pour un bébé de petit gabarit, un suivi soigneux s'impose.

NOTCH UTÉRIN : QUELLES CONSÉQUENCES ?

La mauvaise irrigation placentaire peut affecter les échanges materno-fœtaux : votre bébé ne bénéficie pas de tous les nutriments dont il aurait besoin. Cela peut se traduire par un retard de croissance intra utérin (RCIU). Si, au cours de votre suivi échographique, les mensurations de votre bébé sont considérées comme un peu faibles, il peut être intéressant de rechercher un notch.

Le notch pathologique, en affectant le placenta, augmente le risque de pathologies comme l'hématome rétro-placentaire (HRP), le syndrome HELLP, ou encore une hypertension artérielle pouvant déboucher sur un prééclampsie et/ou une naissance prématurée.

Pour autant, pas de panique : une fois détecté, le notch sera surveillé. Vous allez bénéficier de davantage d'échographies de contrôle, afin de suivre la prise de poids et la croissance de votre bébé. Selon la sévérité du problème, vous pourrez aussi être hospitalisée. Au besoin, l'accouchement sera déclenché afin de ne faire courir aucun risque à votre bébé, si les échanges se révèlent trop faibles et que sa croissance marque le pas.

NOTCH UTÉRIN : QUEL TRAITEMENT ?

A ce jour, Il n'existe aucun traitement pour traiter le notch utérin. Dans la grande majorité des cas, le notch est sans gravité et n'empêche pas la grossesse de bien se passer. En revanche, la grossesse est plus surveillée. 

Lorsqu'un notch est détecté après 26 semaines de grossesse, l'objectif est de garder le bébé le plus longtemps possible dans le corps de la mère. Parfois des corticoïdes sont donnés pour permettre aux poumons du bébé de se développer plus vite. 

Si le notch se déclare à partir de la 35e semaine de grossesse, l'accouchement est déclenché

Un antécédent d'hypertension ou de HRP conduit à un dépistage systématique du notch. Mais, bien souvent et particulièrement pour les primipares, sa survenue reste inexplicable et imprévisible. Dans tous les cas, vous devrez observer un repos relativement strict : ce problème peut justifier un congé pathologique. 

Notch utérin : les facteurs de risque

Le notch utérin, on l'a expliqué est un problème d'irrigation des artères. Les facteurs de risque sont donc identiques à ceux des maladies cardiovasculaires. 

Il y a donc plus de risque d'avoir un notch lorsque l'ont est fumeuse, en surpoids, lorsque l'on a du cholestérol ou du diabète, de l'hypertension, etc. 

C'est pour cela que des mesures diététiques peuvent également être prises pour limiter les risques. 

Réagissez en premier !

Veuillez vous connecter ou vous inscrire pour écrire un commentaire.

Vous aimerez aussi

Grippe A : Ce qu'il faut savoir

Grippe A et rentrée scolaire : ce qu'il faut savoir

La grippe A et l'épidémie qui pourrait s'annoncer fait sans doute partie de vos préoccupations, si vous...
Lire la suite

La rougeole en recul

Loin d’être éradiquée, la rougeole connaît toujours des pics d’épidémie dans le monde. Mais elle provoque...
Lire la suite

Semaine 12 d'aménorrhée (10e semaine de grossesse)

Semaine 12 d'aménorrhée (10e semaine de grossesse)

Vous en êtes à votre douzième semaine d'aménorrhée soit la dixième semaine de grossesse, c'est le moment de...
Lire la suite