Fessée : « les enfants sont les seules personnes, en France, que l'on a le droit de frapper »

Alors qu'une loi interdisant la fessée devrait être votée dans les semaines à venir, nous vous expliquons quelle est l'impact de la fessée, et des violences éducatives sur les enfants.
La fessée est un instrument de dressage pas d'éducation
La fessée est un instrument de dressage pas d'éducation

La fessée n'apprend rien à l'enfant

La fessée, ou la tape sur la main par exemple, sidère l'enfant. Elle le fige. Mais elle ne le calme pas, et il n'apprend rien de cette violence. 

Cette inefficacité de la fessée a été démontrée dans plusieurs études scientifiques. Récemment, des chercheurs américains ont compilé 50 ans d'études, portant sur 161 000 enfants. Toutes les données récoltées montrent que le comportement des enfants ne s'améliore jamais après une fessée. 

Le docteur Elizabeth Gershoff, qui a porté cette analyse, explique : « Nous avons découvert que la fessée était associée à des conséquences inattendues et non recherchées par les parents, et en aucun cas liée à un résultat de docilité –pas plus à court qu'à long terme–, ce qui est pourtant le but des parents qui souhaitent avant tout discipliner leurs enfants ».

Par ailleurs, Muriel Salmona, psychiatre et fondatrice de l'association Mémoire traumatique et victimologie explique, dans une tribune publiée par l'Obs, ce qui se passe dans la tête de l'enfant qui reçoit une fessée et qui entre en état de sidération : « Brutalement l'enfant se retrouve alors en anesthésie émotionnelle, il se calme en effet, non parce qu'il l'a décidé mais parce qu'il ne ressent plus rien, ni émotion, ni douleur : il est déconnecté, comme absent et envahi par un sentiment d'irréalité, il peut se sentir spectateur de la situation, c'est ce qu'on appelle la dissociation traumatique ».

La fessée humilie l'enfant

Recevoir une fessée, c'est humiliant. Les neurosciences ont montré d'ailleurs que frapper un enfant revient, cérébralement, à le « dresser ». Or, le but de tout parent est d'éduquer son enfant, par de le dresser, comme on le ferait d'un animal. 

Selon Gilles Marie Vallet, pédopsychiatre, la fessée favoriserait même les mauvais comportements : « un enfant téméraire risque de dissimuler ses bêtises et de mentir. Un enfant un peu timide, lui, n'osera plus rien faire ».

Enfin, les enfants reproduisent ce que font leurs parents. Un enfant qui reçoit des fessées ou des tapes, pourra, à son tour, devenir violent, notamment envers les autres enfants, à la crèche ou à l'école. 

Comment faire pour éviter la fessée ? 

Les parents mettent des fessés parce qu'ils se sentent débordés, qu'ils craquent. 90% des parents sont bienveillants et la fessée est une forme d'échec. Nombreux sont ceux qui s'en veulent d'ailleurs. 

Si c'est le cas, que vous avez craqué et que vous vous sentez coupable, il est important d'en parler avec votre enfant, et de vous excuser. C'est important pour son développement de savoir que, si vous êtes faillible, vous savez vous excuser. C'est un exemple pour lui. 

Pour éviter la fessée, et parce que ne pas frapper son enfant, ce n'est pas pour autant tout lui permettre, le plus efficace est la punition juste et proportionnée. Il s'agit d'abord d'expliquer à l'enfant que ce qu'il a fait enfreint les règles que vous lui aviez présenté. 

Si vous sentez que la colère monte en vous, n'hésitez pas à envoyer l'enfant dans sa chambre pour qu'il réfléchisse et qu'il se calme. Cela vous laissera également le temps de respirer. 

Enfin, si vous sentez que les tensions font monter la violence chez vous, n'hésitez pas à en parler à un professionnel. Ce sont des sentiments humains, vous n'êtes pas un mauvais parent. 

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