AAD : la naissance de Sanaha (Page 5)

Attention, récit-fleuve ! La naissance de Sanaha racontée par Aurore, c’est un long et merveilleux voyage qui s’est déroulé à domicile ! Un récit d’AAD très détaillé, qui profitera à toutes, même à celles qui n’envisagent pas d’accoucher chez elles : toutes les phases du travail, le ressenti précis des contractions, les trucs et astuces de cette maman pour gérer au mieux la douleur en l’absence de péridurale, et toutes les émotions qui vous submergent : un témoignage précieux !
AAD : la naissance de Sanaha
AAD : la naissance de Sanaha

Il est 12 h 15. J'ai réussi, on a réussi. Mon bébé, notre bébé. Qu'elle est belle, elle lève un peu la tête, je la vois rose, avec les belles lumières tamisées. Elle est belle, elle a un visage plutôt allongé et des traits fins.

Je n'ai plus aucune douleur, je me sens apaisée et en pleine forme. Je suis submergée par cette arrivée, éblouie par ce petit être. J'ai réussi !!! On est là, dans l'eau, collées l'une contre l'autre. Je ne me préoccupe plus de rien, je suis sur un nuage. On nous met une serviette sur nous afin de réchauffer la petite. Je suis là, lui câline la tête, le cou ! Elle est si petite ! C'est si magique. La sage-femme me demande si je suis capable de sortir de l’eau pour la délivrance, mais je me sens capable de tout maintenant. Je me lève, avec l'aide de mon homme, la petite tout contre moi, je fais attention de ne pas trop la lever, hé oui il y a encore le cordon et le placenta à l'intérieur de moi ! Je vois du sang qui tombe d'entre mes jambes, moi je ne m'inquiète pas, je suis ailleurs. Je m'allonge sur le petit coin matelas.  J'entends la sage-femme qui s'affole un peu en voyant tout le sang que je perds. Je comprends que je fais une hémorragie.
 
Elle attend que le cordon ait cessé de battre pour que mon homme le coupe. Une fois fait, elle m'explique que je saigne et que le placenta ne se décolle pas. Le souci, c'est que je n'ai plus de contractions ! Donc elle me dit qu'elle va essayer dans un premier temps de décoller le placenta, et si ce n'est pas assez rapide, deux solutions : soit elle va le chercher elle-même, soit on appelle le SAMU ! Bref, elle est paniquée (mais reste professionnelle quand même !), moi je suis sereine. Je suis sûre que tout va s'arranger. J'ai ma petite dans les bras, elle pleure beaucoup, je la rassure. Nous supposerons plus tard quelle pleurait à cause du stress, puisque nous avons un bébé très calme. Je reste sur mon petit nuage, quand la sage-femme doit vérifier si le placenta se décolle. Pour cela, elle a exercé une pression sur mon bas-ventre ! J'ai hurlé de douleur, bon Dieu que ça fait mal ! J'ai senti pleins de choses sortir de mon corps, je pense donc que c'est le placenta. Mais non ! Seulement du sang et des caillots. Elle me demande de pousser, de m'accroupir pour aider avec la gravité, mais rien n’y fait. Le placenta est toujours attaché, ne se décolle pas et je perds plein de sang.
 
Elle a toujours son portable à coté d'elle, elle veut appeler le SAMU, mais avec mon accord on continue un peu nous même. Elle se le permet car à priori, ça saigne moins, et que ça fait seulement 15 min que j'ai accouché. Le problème reste que je n'ai toujours pas de contractions, donc elle me fait avaler de l'ocytocine, et me pose une perfusion d'ocytocine pour relancer les contractions. Bon Dieu que c'est efficace, ça fait mal. Je ne gère pas ces contractions, j'ai du mal à visualiser car j'ai mon bébé dans les bras… Je me concentre donc sur elle, ma si petite qui vient de naître. Le placenta finit par se décoller et sortir. Mais pas en entier, il reste des membranes !
 
Donc là, ça commence à devenir urgent, il faut que tout sorte sinon c'est le SAMU. J'ai le choix faire une révision utérine à la maison, ou au SAMU. Mon choix est fait ! Je lui mets moi même de la bétadine sur sa main (gantée), elle relève sa manche et me demande d'en mettre jusqu'au coude… Vous imaginez ma tête, car j'ai tout de suite visualisé son bras entier à l'intérieur de moi, je lui ai d'ailleurs demandé s’il fallait quelle touche un poumon ! Elle me rassure et me dit que c'est une sécurité seulement. Je me prépare, je respire et je fais mon son, elle fait donc sa manipulation le plus doucement possible et le plus rapidement. Ça y est, c'est fini. Ouf, tout est sorti. Maintenant on respire tous. Je ne verrai pas le SAMU. Je vais profiter de mon bébé !
 
La sage-femme nous montre et explique le placenta, il partira à la poubelle. Mon homme et elle me changeront les draps et alèse pour qu'on soit bien au chaud et au sec. J'aurais perdu près d'un litre de sang ! Je suis là, allongée dans une couette, au chaud, avec mon bébé, ma petite Sanaha. Mon homme auprès de moi, la sage-femme aussi, qui remplit tranquillement les papiers. On la regarde téter tranquillement. Mon homme ira me préparer à manger : j'ai faim, j'ai besoin de forces !
 
Une bonne heure plus tard, nous autoriserons notre grande à venir voir sa maman et sa petite sœur. J'ai les larmes aux yeux, ma toute petite est devenue grande sœur ! Elle vient avec une jolie rose. Elle est toute mimi, et me paraît bien grande d'un coup ! Elle fera des petits bisous et des gros câlins à sa petite sœur. La savoir pas loin de moi pendant l'accouchement, et entourée de ses grands-parents, m'aura rassurée. Je suis si contente de la voir, et qu'elle soit avec nous pour cet événement ! Je n'aurais pas été séparée d'elle, surtout pendant cette période de fêtes. Notre nouvelle vie à 4 commence. On a vécu un moment tellement fort, magique et intense ! Les grands-parents et oncle ne viendront voir la petite que plus tard dans la soirée.
 
Juste pour comparer en quelques mots avec mon précédent accouchement en clinique : je me suis sentie plus à l’aise, plus libre de mes mouvement en étant chez moi. Ainsi, je pense que le travail s'est fait plus naturellement, sans le stress des hôpitaux, où tout est speed et à voir les problèmes partout. Je me suis sentie actrice de mon accouchement, je ne l'ai absolument pas subi et c'est ça qui fut magique ! La sage-femme était là pour contrôler, me guider, me rassurer, mais pas pour prendre ma place, en m'indiquant quand et comment pousser ! Mon homme aussi a pu être acteur de cet accouchement, à l'hôpital on enlève souvent ce rôle au père ! Ici il a pu contribuer et aider ce bébé à sortir, et surtout à me soulager pendant tout le travail. A l'hôpital, il m'avait juste servi à lui déchiqueter la main...
Il m'a d'ailleurs dit juste après la naissance de Sanaha, à quelques minutes de vie : "Plus jamais tu n’accoucheras à l'hôpital, c'était trop magique !" !

Publié le 16-09-2013 à 10:58 | Mis à jour le 18-05-2018 à 20:59 | Rédacteur :
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2 commentaires

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  • angely49
    angely49 - Il y a 7 ans

    Joli récit et félicitations à toute la famille !

  • Anna012
    Anna012 - Il y a 2 ans

    Coucou les filles, je m?appelle Perle. J?ai 38 ans et je me suis mariée et j?ai fais 4 ans sans avant quand bien même je me pressais à cause de mon âge. Entre 28 et 30 ans, j?ai subi deux IVG. Quand je me suis mariée j?ai fait des fausses couches à plusieurs reprises. Ces deux évènement ont causé un dysfonctionnement de mes ovaires. Pour avoir recours au don d?ovocyte ma gygy m?a orienté vers l?Ukraine dans une clinique à Kiev. C?est là j?ai eu ma petite jolie fille.

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